L’industrie de défense européenne connaît une mutation profonde, accélérée par la guerre en Ukraine et la prise de conscience des vulnérabilités du continent. Face à un environnement sécuritaire dégradé, l’Union européenne (UE) et ses États membres affichent une volonté inédite de renforcer leur autonomie stratégique et de bâtir une base industrielle de défense compétitive, résiliente et intégrée. 

Un secteur en pleine mutation, mais encore fragmenté

L’industrie de défense européenne représente un poids économique majeur : plus de 210 000 emplois, près de 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et un tissu de plus de 4 000 PME dont 1 000 stratégique. Pourtant, le secteur reste très fragmenté, dominé par les logiques nationales, ce qui freine la standardisation, la mutualisation des achats et l’émergence de champions européens capables de rivaliser avec les géants américains.

Aujourd’hui, seuls 18 % des dépenses de défense de l’UE sont réalisées dans le cadre de coopérations entre États membres, loin de l’objectif de 35 % d’achats groupés d’ici 2030. Cette fragmentation se traduit par une multiplication des modèles d’armements (17 types de chars, 29 types de frégates/destroyers contre 1 et 4 aux États-Unis), générant surcoûts, retards et inefficacités.

Des ambitions renouvelées : vers une stratégie industrielle européenne

Face à ces constats, la Commission européenne a lancé en mars 2025 la toute première stratégie industrielle de défense (EDIS) et un nouveau programme d’investissement (EDIP). Objectifs :

  • Renforcer la production et la sécurité d’approvisionnement
  • Stimuler les acquisitions conjointes et la préférence européenne
  • Soutenir l’innovation et l’intégration des capacités industrielles de l’Ukraine
  • Développer une culture de préparation à la défense au niveau européen

Le plan REARM, doté de 800 milliards d’euros, marque un tournant : il prévoit 650 milliards de dette nouvelle autorisée pour les dépenses militaires et 150 milliards d’emprunt mutualisé (programme SAFE) pour financer des achats groupés de matériels produits en Europe. Cette approche vise à décloisonner les marchés nationaux et à irriguer la base industrielle européenne, tout en incluant l’Ukraine comme partenaire industriel à part entière.

Défis structurels : financement, innovation, coordination

Malgré cette dynamique, plusieurs défis majeurs subsistent :

  • Manque d’harmonisation et de coordination : plus de 80 accords de défense et alliances existent en Europe, rendant difficile la mise en place d’une stratégie industrielle unifiée.
  • Volatilité des budgets : les investissements de défense restent soumis aux aléas politiques et économiques, limitant la visibilité pour l’industrie.
  • Sous-financement et dépendance extérieure : l’Europe reste dépendante de fournisseurs et de technologies non-européens, notamment américains, pour certains équipements critiques.
  • Innovation à accélérer : bien que l’innovation soit une priorité, son déploiement opérationnel reste limité et les cycles de développement sont trop longs.
  • Difficulté d’accès aux financements privés : le secteur bancaire demeure frileux à l’égard de l’industrie de défense, freinant les investissements.

Vers une consolidation et une montée en puissance ?

Des signaux forts de consolidation émergent : coentreprises transnationales, rachats stratégiques (ex : Arquus par John Cockerill), et grands programmes structurants comme SCAF (système de combat aérien du futur), MGCS (char de combat du futur), ou IRIS² (télécommunications satellitaires). L’inclusion de l’Ukraine, qualifiée de « premier laboratoire mondial de l’innovation de défense », pourrait accélérer cette dynamique.

La montée en puissance de l’industrie européenne dépendra de la capacité à surmonter les mentalités industrielles nationales, à mutualiser les achats, à investir massivement dans la R&D et à garantir des engagements à long terme pour attirer les financements privés.

À l’aube de cette stratégie européenne de réarmement le tableau ne serait pas complet si on omettait de rappeler le gâchis et l’abandon total d’Emmanuel Macron face aux industries nationales. 

L’empreinte de Macron dans la perte de la souveraineté nationale

Sans vouloir mentionner à nouveau la forfaiture de la cession d’Alsthom à General Electrics qui met désormais nos turbines nucléaires sous dépendance américaine voici quelques exemples d’abandon de nos industries françaises :

  • Verney-Caron fondé en 1820, fleuron stéphanois de l’armement est actuellement en redressement judiciaire après que la France en 2016 lui ait préféré les manufactures allemandes. L’armement individuel des armées françaises est désormais soumis à l’allemand HK. Un industriel belge est de fait en passe de racheter Verney-Caron à bon compte.
  • Nexeya à Toulouse leader pour les systèmes électroniques de la défense (systèmes pour le char Leclerc et le Rafale) racheté en 2019 par les allemands pour 60 millions € avec l’aval implicite de Macron
  • Manuhrin à Mulhouse fabricant d’armes et de munitions passé en 2018 sous pavillon émirati
  • Latecoere lié au Rafale et depuis 2019 sous contrôle américain.

En fait le Mozart de la finance, comme on aimait à le présenter, non content d’avoir aggraver à lui seul la dette de la France de 1.000 milliards € au cours de ces huit dernières années s’est aussi illustré en bradeur patenté de pépites industrielles « bleu-blanc-rouge ». 

Sa volonté machiavélique et stratégique de couler la France répond indubitablement à la feuille de route tracée par les mondialistes tels que Soros, Blackwater, Gates ainsi que l’État profond tout en lui laissant espérer devenir le grand Gourou de l’Europe. 

Conclusion : un tournant stratégique, une course contre la montre

L’industrie de défense européenne est à la croisée des chemins. L’ampleur des investissements annoncés, la volonté de souveraineté et la dynamique de consolidation pourraient transformer durablement le secteur. Mais la réussite dépendra de la capacité à surmonter la fragmentation, à harmoniser les politiques d’acquisition et à bâtir une véritable préférence européenne.

La décennie à venir sera décisive pour faire de l’Europe un acteur de défense autonome, innovant et compétitif sur la scène mondiale, capable de garantir sa sécurité et de peser dans l’ordre international. La route est encore bien longue et par trop incertaine sur une stratégie si souvent énoncée depuis plus de 40 années mais jamais consolidée.

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